SCHUBERT-WANDERUNG

Mardi 17 mai à 20h — Paris

Genre

Rencontre musicale autour du récital chant piano

Type de salle

Domicile ou petite salle / piano droit ou piano à queue

Synopsis

Les Lieder de Schubert constituent un monument de l’histoire de la musique, malheureusement rendu difficile d’accès au public français par la barrière de la langue allemande. Bien souvent, la musique (quand il ne s’agit pas purement et simplement de la technique ou de la voix) prend toute la place, au détriment de ce qui fut l’étincelle inspiratrice du travail du compositeur : la poésie. Comment amener les auditeurs à retrouver une relation immédiate au contenu des œuvres alors que la forme du récital met tellement l’accent sur la performance et la recherche de l’interprétation « parfaite » ? Plutôt qu’une simple traduction écrite, le Cortège d’Orphée a préféré l’échange avec le public, moyen le plus enrichissant de partager sa passion pour ce répertoire.

Répertoire

Œuvres de Franz Schubert

DISPOSITIF

Rencontre tout public sous-titrée
Durée : flexible entre 1h30 et 3h
Actions culturelles et rencontres avec le public
Forme légère : 1 chanteur, 1 pianiste, piano de la maison et banquette
Conditions matérielles : 1 piano + banquette / 1 pupitre + chaise / lumières de pupitre si nécessaire. Le public sera assis aussi proche que possible des artistes. Une surface de projection (mur nu, écran) permettra le surtitrage des textes en français. Nous préférons une configuration conviviale de l’espace, évitant dans la mesure du possible le rapport frontal public/artistes. Canapés, tables et petite restauration bienvenus, ainsi que tous éléments de décor susceptibles de briser le cadre formel du récital (mobilier, éclairage indirect, bougies…).

Interprètes

Anthony Lo Papa, voix
Joël Soichez, piano

Sur le spectacle

Anthony Lo Papa et Joël Soichez ont dès leur rencontre pratiqué — car c’est bien de cela qu’il s’agit, et non pas de travailler ou d’étudier — le Lied schubertien. Une partition du Voyage d’hiver tombée entre leurs mains en 1996 scelle leur passion commune pour ce répertoire, initiant l’envie de le partager, comme entre amis on s’adonne à des discussions enflammées. Le récital leur semble très tôt apporter plus de problèmes que de solutions, et ils s’efforcent par différents modes de médiation — traduction synthétique plutôt qu’intégrale, mise en regard d’œuvres, choix de poètes — de favoriser l’accès à ce répertoire pour ceux qui ne le connaissent pas, démarche inverse du récital forcément conçu en priorité pour les spécialistes. Cherchant à retrouver une certaine authenticité domestique, ils privilégient les moments musicaux privés, les atmosphères conviviales, l’adaptabilité des programmes, l’écoute du public et de ses envies, dans un esprit pas si éloigné de celui des tavernes viennoises où Schubert accompagnait au piano tel chanteur familier — volontiers amateur — déchiffrant sa dernière composition devant un cercle de proches, poètes, musiciens ou simplement amis.

Ni concert ni conférence, ce moment convivial autour de Schubert permet à chacun, en toute liberté, de discuter, interroger, proposer, bref de s’approprier cet univers musical et poétique quelles que soient ses connaissances sur le répertoire romantique allemand. Dans un cadre informel, l’accent est mis sur le fond, la signification des œuvres, l’échange entre artistes et public, la réflexion collective sur l’interprétation de cette musique sublime. Nous cherchons à rendre évidente l’universalité de ses enjeux : la grande variété des thèmes abordés dans les quelque 600 Lieder de Schubert renvoie, à travers le voyage, le printemps, la solitude, la musique, la nature, la nuit, l’amour, à la place de l’homme dans le monde, dans le contexte d’après les Lumières, où les artistes remettent en question le postulat des philosophes qui affirmaient pouvoir réduire le monde à l’intellect.

À chaque séance, un programme différent permet de déambuler au fil de ce corpus volumineux et d’une incroyable richesse, où l’on cherche les pages faibles ou banales, tant le compositeur y apparaît inspiré, parlant à la première personne, à travers des poèmes plus savamment choisis qu’on ne l’a parfois écrit.