Post Tenebras Lux

 

Fidèle à son projet de rendre la musique au contexte pour lequel elle a été écrite au détriment du concert traditionnel, l’ensemble musical professionnel le Cortège d’Orphée présente un concert spirituel pour le temps de Pâques mettant en valeur les différentes caractéristiques acoustiques et visuelles des édifices.
Moment hors du temps, expérience sonore, méditation, le Cortège d’Orphée essaie de renouer avec la signification de ces œuvres, leur place dans le rituel, leur rapport à l’architecture, à l’espace et au temps. C’est à la fois l’occasion d’entendre un répertoire rarement donné et tout à fait bouleversant, et de (re)découvrir un patrimoine architectural dont on oublie souvent qu’il a été conçu autant pour être regardé que pour être écouté.

 

> Roland de Lassus, Lamentationes Hieremiæ prophetæ

Imaginé à l’origine pour l’acoustique hors du commun de l’Abbaye d’Acey, ce programme met en regard le grand poème lyrique des Lamentations de Jérémie sur la destruction de Jérusalem par Nabuchodonosor (586 avant J.C.) dans la mise en musique de Roland de Lassus (1584) alternant avec le plain-chant du jour de la Passion, avec des œuvres a cappella plus tardives de John Tavener et Edvard Grieg évoquant les mystères de l’Incarnation (The Lamb, 1982), l’Ascension (Jesus Christ ist aufgefahren, 1906), la Vie éternelle (Funeral Canticle, 1996).
Cinq chanteurs, cinq voix pour faire résonner les pierres, et une étonnante variété allant de la polyphonie absolue de Lassus à la psalmodie rêveuse de Tavener, en passant par les énigmatiques psaumes de Grieg, à mi-chemin entre romantisme et archaïsme, et le plain-chant, « trésor » traditionnel de l’Église.