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Nous aurons la joie de vous retrouver dans la programmation d’Orgue en ville et du festival « Musiques en Haut ! // Estivales des orgues » pour trois programmes originaux autour des quatre éléments.

LA TERRE

Gustav Mahler, Das Lied von der Erde / Der Abschied

Dimanche 4 juillet 2021 à 15h, Chapelle du Centre diocésain, 20 rue Mégevand / Besançon

Marcher dans un paysage infini, sans contours, sans limites, et à la fin se perdre, faire un avec la Terre, comme un trait d’aquarelle qui se dissout ; c’est à quoi Gustav Mahler invite dans L’Adieu, le vaste dernier mouvement du Chant de la Terre, où la mélancolie le dispute à la contemplation, dans les grands espaces de la poésie chinoise classique où se perdent deux amis en proie à l’errance et en quête de paix.

Le Cortège d’Orphée
Anthony Lo Papa, voix
Renaud Charles, flûte
Dominique Alauzet, harpe
Dorian Simon, percussion
Gabriel Bestion de Camboulas, orgue
Yannick Millon, direction

Le Chant de la terre est une œuvre tout à fait singulière, à mi-chemin entre la symphonie et le cycle de Lieder avec (grand) orchestre, ici transcrite pour formation de chambre. Le texte de ce sixième et dernier mouvement, L’Adieu, est le fruit d’une élaboration complexe à partir de deux poèmes puisés dans l’anthologie de poésie classique chinoise de Hans Bethge La Flûte chinoise. Mahler y déploie un goût de l’ellipse, de l’estompé, que ce soit dans le texte — point de vue flou, personnages entraperçus, fondus dans un paysage comme de minuscules figures prétextes au paysage sur une peinture asiatique — ou dans la musique, gorgée de balancements, de thèmes obsessionnels, d’échos déployés dans la nature, celle-là même où tout Romantique espère trouver le repos. L’errance y est tantôt douloureuse, tantôt calme et contemplative, et l’un des amis prend congé, apaisé, attendant son heure ; quand soudain, « la terre aimée fleurit au printemps et verdit à nouveau, et à jamais bleuissent les lointains ». À jamais, à jamais, comme une parenthèse éternelle qui ne veut pas se refermer.

LE FEU

Le rituel du feu — musiques romantiques et symboliques

Dimanche 4 juillet 2021 à 16h et 17h, Temple maçonnique, 5 rue Émile Zola / Besançon

Le rituel du feu, c’est bien sûr celui des épreuves que doivent traverser Tamino et Pamina, les héros de la Flûte enchantée de Mozart, pour accéder à l’initiation. Mais même en laissant de côté la métaphore traditionnelle de la passion, le feu est un élément omniprésent chez les romantiques allemands, avec de nombreuses significations : la force tutélaire qui montre le chemin à l’humanité et réchauffe le monde, la lumière du couchant, le foyer qui dissipe les rêves ou qui incendie les villages.

Œuvres de Wolfgang Amadeus Mozart, Ludwig van Beethoven, Franz Schubert, Carl Lœwe, Hugo Wolf. Concert surtitré.

Le Cortège d’Orphée
Agathe Peyrat, soprano
Léo Vermot-Desroches, ténor
Yoan Héreau, piano
Anthony Lo Papa, direction artistique

L’AIR

CONCERT DE CLÔTURE
LES OISEAUX SONT DE LA POUSSIÈRE D’ÂME

Chants d’oiseaux et chant grégorien — musiques françaises de la Renaissance au XXe siècle.

Dimanche 11 juillet 2021 à 15h, Cathédrale Saint-Jean, rue de la Convention / Besançon

Lundi 12 juillet 2021 à 18h, Église de Morez

« Les oiseaux sont de la poussière d’âme », écrivait Victor Hugo. Et c’est l’esprit de ce programme construit autour du Requiem d’Alfred Desenclos, œuvre méconnue d’une élégance et d’une spiritualité lumineuses, d’une ferveur apaisée. Si les harmonies renvoient à la tradition debussyste, le goût du plain chant et de la polyphonie fait écho à la musique de la Renaissance. Les Chansons de Janequin, gorgées de chants d’oiseaux délicats ou humoristiques, et les recherches de musique mesurée à l’antique de Claude Le Jeune rejoignent ainsi l’Air de cour d’Étienne Moulinié ou Michel Lambert, le pastiche ravélien des Trois Chansons, mais aussi la musique d’Olivier Messiaen, qui employait le chant des oiseaux comme un élément fondamental de son langage musical : c’est en effet à travers leurs voix que ce compositeur inspiré a voulu célébrer la création comme d’autres l’ont fait en écrivant sur la mer ou sur le vent. Des extraits de sa musique d’orgue et de son Quatuor pour la fin du temps complètent un programme français entre terre et ciel. Les oiseaux sont de la poussière d’âme.

Simon Péguiron, orgue
Le Cortège d’Orphée
Anthony Lo Papa, direction artistique