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Imaginé autour des Folksongs de Britten, arrangements de chansons françaises et anglaises, ce programme pour voix et piano explore la grande diversité d’inspirations et l’imagination musicale de ces compositeurs à l’univers si particulier, poétique et raffiné, mais enraciné dans la culture populaire de leur temps. Benjamin Britten (1913-1976) est considéré comme le plus important musicien anglais depuis Henry Purcell, dont il transcrivit d’ailleurs un nombre considérable de pièces pour les interprètes du XXe siècle. Sa musique vocale demeure rare au concert en France, parfois déroutante, souvent d’une grande vitalité et tout à fait personnelle. Il s’est notamment consacré tout au long de sa vie à de multiples arrangements de chansons populaires dans lesquelles il met son langage musical sophistiqué au service de textes mélancoliques ou humoristiques, dont le charme mélodique est sublimé par des harmonisations et un accompagnement aussi riches qu’originaux. À côté de ces Folksongs, ce programme présente un grand cycle de Ralph Vaughan Williams (1872-1958), autre figure emblématique de la musique britannique, The House of Life, œuvre exaltée sur l’amour et la mort, sur un poème de Dante Gabriel Rossetti (1828-1882), peintre et écrivain anglais du mouvement préraphaélite, qui cherchait à renouer avec l’élégance des artistes de la Renaissance d’avant le maniérisme, ainsi qu’un recueil des premiers essais de Songs d’un Britten adolescent, Tit for Tat, sur des poèmes nostalgiques ou drôlatiques de Walter de la Mare (1873-1956).

Entre simplicité et modernité, romantisme et fraîcheur, ces deux compositeurs présentent un riche aperçu de la musique anglaise et de son atmosphère si particulière, colorée par les influences des diverses nations d’un Royaume-Uni qui fut au XIXe siècle le berceau du renouveau romantique littéraire : les chansons héroïques venues d’Irlande, les châteaux d’Écosse alternent avec le bocage idéalisé du pays de Galles et les galeries de personnages de l’Angleterre avec raffinement et — toujours — une touche de dérision. Le grand pouvoir d’évocation de la poésie anglaise y rencontre la liberté de ton de compositeurs indépendants et authentiques, chaleureux et malicieux, entre cottage et teatime.

Anthony Lo Papa, chant
Aglaya Zinchenko, piano

Dimanche 8 avril 2018 / 17h00 / Centre diocésain / Besançon