UN OFFICE DES TÉNÈBRES

Dimanche 27 mars 2022 à 18h — Centre diocésain de Besançon

Genre

Musique sacrée

Type de salle

Église

Synopsis

Fidèle à son projet de rendre la musique au contexte pour lequel elle a été écrite au détriment du concert traditionnel, le Cortège d’Orphée présente un concert spirituel inspiré du rituel baroque des Ténèbres. Autour des Leçons de Ténèbres de François Couperin, le plain-chant et l’éclairage à la bougie renouent avec l’intimité et l’austérité d’un office dont la musique paradoxalement très sensuelle était une des plus prisées de l’époque.

Dispositif

Spectacle tout public
Durée : 1h15
Deux voix et théorbe (2 chaises + 1 pupitre)
Spectacle éclairé à la bougie (matériel fourni par Le Cortège d’Orphée)

Conception

Anthony Lo Papa, Le Cortège d’Orphée

Interprètes

Léo Vermot-Desroches et Anthony Lo Papa, voix
Parsival Castro, théorbe

Sur le spectacle

Les « Ténèbres » ont constitué un des temps les plus fascinants de l’année liturgique en France, de la Renaissance à la Révolution. Au cours d’une Semaine Sainte où les théâtres étaient fermés, on allait « à Ténèbres » autant par dévotion que par volupté musicale. Avec deux voix de ténor et la basse continue, les musiciens du Cortège d’Orphée font résonner des lieux exceptionnels sous la lumière délicate des cierges avec la même immédiateté qu’à l’époque baroque.

Au fur et à mesure des psaumes des trois nocturnes de cet office qui se tenait pendant la nuit, on éteignait un à un quatorze des quinze cierges d’un chandelier triangulaire pour symboliser l’abandon progressif du Christ par les douze apôtres, Marie-Madeleine et Marie de Cléophas. À la fin de l’office, le dernier cierge représentant le Christ mis au tombeau était dissimulé derrière l’autel, puis l’assistance faisait un grand fracas avec ses pieds ou les livres de prière afin d’illustrer le tremblement de terre et la stupeur de la création privée de son créateur. Enfin reparaissait le cierge, image de Jésus revenu d’entre les morts.

Le premier nocturne de chaque jour comprenait notamment trois « Leçons » sur le grand poème lyrique des Lamentations de Jérémie suite à la destruction de Jérusalem par Nabuchodonosor (586 avant J.C.), alternant avec les « Répons » qui évoquent plus directement les derniers instants avant la crucifixion. François Couperin a mis en musique pour l’Abbaye de Longchamp en 1714 les trois « Leçons de Ténèbres du Mercredy », autrement dit celles du premier nocturne du premier jour, qui ont pu être entendues soit le mercredi soir, soit le jeudi matin, selon les pratiques des différentes paroisses. Une des caractéristiques de l’œuvre est l’alternance du texte de Jérémie traité avec pathos et sensibilité, avec les lettres acrostiches vocalisées comme des enluminures, que le Cortège d’Orphée égrènera au fur et à mesure que les cierges s’éteindront.